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[concours n°3] textes "Possession" et commentaires

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MessagePosté le: 24 Fév 2004 00:09
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Voici les cinq textes présentés sur le thème "possession".

Attention, un des textes est assez violent et cru !!!

Dans ce topic, vous pouvez donnez votre avis sur les textes. Par contre, pour donner vos textes préférés, utilisez le topic notes, prévu à cet effet.



Citation :
Réminiscences

L’homme allongé sur l’étroit lit métallique se releva lentement et repoussa l’épaisse couverture grise usée qui lui recouvrait le corps. Ses yeux collés s’ouvrirent avec difficulté. La lumière blanche d’un vieux néon frappa ses rétines. Il frotta ses paupières d’une main encore endormie le temps de s’adapter à cet éclat agresseur. Il avait affreusement mal à la tête et ses membres engourdis ne se mouvaient qu’au prix d’un intense effort. Il se leva et regarda autour de lui. Il tourna sur lui même et se demanda ce qu’il pouvait bien faire en prison. Trois murs recouvert d’une peinture jaunâtre écaillée, sous laquelle ressortais le béton gris lui faisait face. Derrière lui, le quadrillage de fins barreaux glacés fermait la cellule.
« Mais merde, qu’est-ce que je fous là ? J’ai fait quoi pour me retrouver en taule ? » L’homme essaya de se remémorer ses derniers souvenirs afin de trouver un semblant d’explication à ce qui lui arrivait. Son visage prit soudain un air grave. Il se rassit sur le lit tandis que les cris stridents des ressorts résonnaient dans la pièce. Il prit sa tête dans ses mains, se pencha en avant, puis en arrière, alimentant la désagréable complainte de sa couchette. Il s’immobilisa un instant et se frappa violemment le front de la main droite. Impossible ! Impossible de se rappeler la moindre chose ! Son cerveau encore mal réveillé tentait de trouver des réponses. Qu’avait-il fait pour atterrir dans ce trou ? Il n’en savait rien. Depuis quand était-il ici, quel jour était-on ? Aucune idée, il ne pouvait même pas dire qui du soleil ou de la lune luisait à l’extérieur. Il était sale, sentait la transpiration. Ses mains étaient crasseuses et ses ongles noirs. Il portait un pantalon gris de bonne qualité, une veste grise assortie au-dessus d’une chemise dont la blancheur n’avait plus rien d’immaculé.
« En plus je suis dégueulasse ! … Calme-toi, réfléchis un peu. »
La ronde folle des questions repris, et les réponses restaient toujours aussi rares. Il en arriva finalement à un :
« Je suis qui ? Bordel, je m’appelle comment ? » Il se concentra encore un moment en vain. Un nœud lui étreignit l’estomac. Il était visiblement amnésique.
De l’autre côté des barreaux, il apercevait un couloir qui partait sur la droite. Il y faisait sombre. Il colla sa tête aux barreaux pour tenter de discerner quelque chose. Il cru voir une lueur quelques mètres plus loin. Il retint sa respiration et écouta si des sons lui parvenaient. Son cœur tapait violement dans sa poitrine, ses jambes tremblaient, il avait faim et sa bouche pâteuse lui indiquait qu’il n’avait sûrement pas bu depuis un moment. Il perçut un bruit sourd, comme une chaise que l’on tire. Au bout d’une minute, il entendit de faibles éclats de voix. Il se décida à appeler.
« Y a quelqu’un ? » Un son quasi inaudible était sorti de sa bouche. Il se racla la gorge, pris une profonde inspiration « Est ce qu’il y a quelqu’un ? » Toujours rien… Encore un essai, plus fort, monopolisant toute la puissance de ses cordes vocales ; « Ohé, vous m’entendez ? Y a-t-il quelqu’un ? ».
Une porte s’ouvrit au fond du couloir. Un homme en uniforme, corpulent, la trentaine, s’avança d’un pas résigné vers la cellule. Il cria mollement à l’intention de la porte :
« Patron, je crois que notre gars est réveillé. »
« Très bien, amène le nous ! » lui répondit la porte…
Quelques minutes plus tard, l’homme se retrouva au milieu d’une pièce aux murs verts pales, meublée d’une simple table et de deux chaises. Il était assis sur l’une d’elle, menotté. Sur l’autre siège, se tenait l’inspecteur Miles. À ses côté, un autre homme en uniforme regardait au plafond d’un air distrait. La dernière personne présente dans la salle d’interrogatoire, qui se tenait debout derrière le prisonnier, était le policier aboulique qui l’avait traîné jusqu’ici.
« Et bien mon gars, t’en a fais un sacré somme ! 18 heures que tu pionces dans ta cage ! Je t’aurais bien réveillé à coup de pompes dans l’… mais le toubib a été formel, avec le choc que tu t’es pris sur le crâne, fallait pas te déranger. Je suis l’inspecteur Miles, voilà Feathy et
tu as déjà fait connaissance avec Bournes. Maintenant écoute-moi bien mon gars, tu vas répondre à mes questions sans te faire prier et tout ce passera bien pour toi le reste de ton séjour ici, sinon notre ami Bournes risque fort de devenir maladroit… »
Associant le geste à la parole de son patron, le gros policier agrippa d’une main rapide le dossier de la chaise et la fit basculer en arrière. Celle-ci frappa violemment le sol et l’homme qui se voyait déjà affalé contre le carrelage fut retenu de justesse par le col de sa veste. Bournes remit le siège en place et rassit le détenu.
« - Tu m’as compris j’espère ? enchaîna l’inspecteur d’un ton lourd de menaces. Je te préviens d’avance, n’essaie pas de jouer au plus malin avec moi !
- Oui, bien sûr ; répondit prestement l’homme d’une voix paniquée. Il se rendit alors compte que, pour l’instant, mentionner son amnésie risquerait de lui attirer de graves ennuis. Il réfléchissait intensément au problème qui se posait à lui, cherchant la meilleure attitude à adopter…
L’inspecteur continua sur sa lancée :
- Alors, je vais faire simple pour commencer, tu ne m’as pas l’air d’être bien réveillé ! Ton nom est Mike Rohond et tu vis au 17 de la 8ème Avenue ? »
L’homme appréhendait cette question, mais en entendant son nom mentionné, un éclair jaillit dans son cerveau. Mike… Rohond… Mick, Micky… non Mickey, c’est comme ça qu’on l’appelait ! Des bribes d’informations ressurgissaient à une vitesse fulgurante. Tout était encore flou mais une lueur d’espoir se profilait à l’horizon. Il se revoyait vaguement rouler sur la 8ème dans un pick-up blanc. Il discernait des maisons, des jardins. Laquelle était la sienne ? Il parcourait ses pensées comme dans un rêve, cherchant la trace d’un indice caché dans ce flot désordonné d’informations. Il avait maintenant garé sa voiture le long du trottoir. Il descendait, commençait à avancer. Cette maison, était ce la sienne ? Non, c’était celle d’à côté sans aucun doute. Le numéro 17 était au-dessus de la porte. Il revoyait tout en noir et blanc, au ralentit, réminiscence involontaire répondant aux stimuli vocaux de l’inspecteur.
« - Oui, c’est ça, finit-il par répondre.
- Bien, maintenant tu vas me raconter exactement ce qui s’est passé à ton domicile hier soir. »
Mike hésita un instant. Il essayait d’activer ses neurones. Son hippocampe, centre de la mémoire, était fortement sollicité. Il se voyait à présent sortir un petit trousseau de clef de son pantalon, ouvrir la porte de sa maison. Mais était-ce hier ? Était-ce il y a un an ? Ou bien était-ce seulement l’amalgame des souvenirs de cette action quotidienne qui se répercutait dans son cerveau… Il n’aurait su le dire…
« - Je n’en sais rien. Je ne me rappelle plus, répliqua Mike d’un ton suppliant. Je ne sais même pas ce que je fais ici ! finit-il par concéder.
Le policier eu un petit rire nerveux.
- Tu n’as pas bien saisi ce que je t’ai expliqué on dirait ! Je t’ai dit de ne pas jouer au plus malin avec moi ! éructa-t-il d’une voix qui allait crescendo tout en frappant violement du poing sur la table.
- Mais je vous dis la vérité, se défendit Mickey tout en se reculant au maximum contre le dossier de sa chaise, je ne me souviens pas…
- Bon, et bien je vais te rafraîchir la mémoire puisque c’est cela ! Je suppose que tu te rappelles ta petite amie, Nadia Baytik. » ironisa-t-il.
Nadia... Nadia… Une silhouette se dessinait dans sa tête. Il fermait les yeux pour mieux se remémorer les images qui défilaient dans sa tête. Nadia… oui ! Elle avait emménagé chez lui depuis peu. Il l’avait rencontré à une soirée… chez un ami… non une soirée d’affaire, il y a presque un an. Il travaillait dans les assurances. Le puzzle de sa mémoire se reconstruisait laborieusement. Il se voyait la serrer dans ses bras, il sentait le parfum des fleurs qu’il lui offrait. Son cœur battait de plus en plus vite au fur et à mesure que ses sentiments rejaillissaient des profondeurs de son système limbique, centre des émotions de l’encéphale. Il sentait la douceur de sa peau sous ses caresses, la chaleur de son corps nu contre le sien. Moult de petits détails qui convergeaient tous vers une même conclusion ; il se rappelait à peine son visage mais il savait qu’il était fou de cette fille. Il acquiesça en direction du policier.
« - Bien, alors vous aller peut-être pouvoir m’expliquer pourquoi vous l’avez assassinée hier soir ! rétorqua Miles d’un ton non dénué d’une certaine touche de sadisme qui fit ricaner Bournes et Feathy.
- Je… Elle est morte ? Mais c’est impossible.
- Son cadavre est à la morgue à l’heure actuelle. Tu l’as tuée mon gars !
- Non, c’est impossible, je l’aimais, je n’ai pas pu… » sa voix s’étouffa en un sanglot.
Morte… non, ce n’était pas possible, pas elle. De nouveau son système limbique se mit en branle. Il se mit à pleurer, tandis que tout s’embrouillait. Il entendait vaguement l’inspecteur continuer à lui parler.
« - Très convaincant ton petit numéro d’acteur….
- Je l’aimais, je l’aimais je vous dis, essaya-t-il de crier. Vous mentez ! »
Les réponses de l’inspecteur devenaient de plus en plus lointaine…Tu l’as tuée ! Non c’était impossible, je n’aurais jamais pu lui faire ça… cuisine… carrelage… chambre… lit … coup… hématome… mains… cou… serrer… Impossible, je l’aimais… je refuse de l’écouter…
Et pourtant, bien qu’il luttait, Mike commença à voir des images… des images de lui et de Nadia… la veille, dans la cuisine… une dispute… il l’avait frappé… non c’était forcément son imagination qui lui jouait des tours, ce maudit flic allait le rendre fou… et pourtant, tout devenait de plus en plus net, de plus en plus évident… Il revoyait la scène du dessus, comme si son esprit flottant dans la salle avait observé son corps commettre cet impensable forfait.
« - Racontez-moi tout maintenant et vous vous sentirez mieux… » La voix de l’inspecteur avait muée en un doux et suave timbre. Ce dernier, rompu au délicat travail de l’interrogatoire, employait une autre stratégie pour tenter de faire parler son récalcitrant suspect.
Mike était de plus en plus bouleversé par ce qu’il se remémorait… Oui, il fallait qu’il raconte tout à présent…
« - Je… je crois peut-être me souvenir de certaines choses… Tout est si flou…
- Oui ? Nous vous écoutons, l’encouragea Miles.
- Je me vois… Je me vois l’attraper, la secouer, la jeter sur le sol… dans la cuisine… mais ce n’est pas moi, ça ne peux pas être vraiment moi… Il regarda le policier d’un air suppliant, mais ce dernier ne lui répondit pas, lui faisant comprendre qu’il devait poursuivre…
- Je me vois lui attraper les cheveux, lui frapper la tête contre le carrelage…Non… c’est horrible, je crois qu’elle saigne… je ne peux rien faire, je ne veux pas le faire… j’ai compris, c’est cette lumière bleue qui est apparue, c’est elle qui me force… Vous voyez, ce n’est pas moi, c’est elle ! »
« Il est cinglé » se dit Miles. « Ce type est totalement barjot. » Il croisa le regard de Bournes qui n’en pensait pas moins. L’inspecteur lui fit comprendre que tant que le type parlait, il fallait sans doute mieux le laisser faire. Il invita donc Mike à continuer son récit.
« - Je la tire par sa robe, jusqu'à la chambre… oh, non… je lui arrache ses vêtement, je... il la violente, il abuse d’elle. Il l’étrangle, je ne peux rien faire… mes mains autour de son cou… elle le griffe au bras ! Mike remonta légèrement sa manche gauche et y vit trois marques de griffure. Non ! Non ! cria-t-il. Ce n’est pas vrai, c’est un cauchemar. Il reprenait difficilement son souffle.
- Calmez-vous… Prenez votre temps, lui recommanda le policier.
- Je la traîne jusqu’au salon, elle ne bouge plus. J’ouvre la porte de derrière qui donne sur notre jardin. Il pleut. Je vois les gouttes finir leur course sur ma peau. Je prends une pelle, je commence à creuser dans le parterre de fleurs. La terre est meuble, je suis rapide. Je m’apprête à la jeter dans la fosse, mais… mais elle bouge encore. La pluie a dû la réveiller. Son regard… elle a peur, ça se voit, elle me déteste… C’est atroce, la pelle vient s’abattre sur son crâne… à plusieurs reprises… » Mike n’arrive plus à penser. Il finit son récit, amorphe, le regard dans le vide.
L’inspecteur marqua un temps d’arrêt.
« - Intéressant, presque émouvant » répondit-il finalement. Mike releva la tête d’un air interrogateur. Miles poursuivit :
« - Je ne vois pas encore où tu veux en venir mon gars, mais je le trouverai !
- Je ne comprends pas, je vous ai dis tout ce dont je me rappelais…
- Écoute, ta copine a été retrouvée morte, étranglée, sur votre lit. Elle n’a jamais été traînée dans le jardin, il n’y avait ni trou, ni pelle ! Un voisin vous a entendu vous disputer très violement. Il a vu que tu la frappais à travers sa fenêtre. Il a appelé la police. Tu as été retrouvé évanoui dans la cuisine et Melle Baytik morte dans la chambre. D’ailleurs elle ne portait pas de robe, mais un jean noir, et elle n’a pas eu de rapports sexuel hier soir ! Alors ne te fous pas de nous ! Regarde par toi même. » Miles sortit une dizaine de photographies d’un petit dossier beige qui se trouvait devant lui. Il les jeta devant Mickey. Les clichés représentaient le lieu du crime. Une femme grande, blonde, couverte de contusions était étendue sur un lit. Mike s’arrêta sur un gros plan.
« - Mais, ce n’est pas elle, ce n’est pas Nadia.
- C’est pourtant bien comme ça qu’elle se nommait. À quoi tu joues à la fin ! s’emporta Miles.
- Ce… ce n’est pas elle que j’ai tué. Ce… » Il s’arrêta net. Tout… tout lui revint en mémoire, tandis que ses dernières terminaisons synaptiques se remettaient en place, tel une balle en pleine tête qui traverserait son cerveau, tout était limpide maintenant. Nadia, oui c’était bien Nadia sur cette photo… La soirée avait bien commencée. Cela faisait exactement deux ans pourtant, il aurait du s’en rappeler… Il aurait peut-être dû ressentir du remord. Il revit cette grande lumière aveuglante qui était apparu hier au centre de la pièce. Elle avait tournoyée, elle avait pris un instant forme humaine, il l’avait reconnu. Puis la lumière l’avait pénétré et son esprit s’était retrouvé chassé de son corps, voguant dans l’air, témoin impuissant de ce qui se passait sous ses yeux. Elle avait pris possession de son corps, il ne savait pas comment mais elle était revenue pour se venger… Et elle fit à Nadia ce qu’il lui avait fait. Elle la frappa comme il l’avait frappé deux ans auparavant, dans la même cuisine. Elle la traîna sur le lit. Elle l’étrangla. Il se revoyait assister à la scène, volant à travers les corps intangibles. Il se revoyait également étrangler Marie sur ce même lit. Sa haine refit surface. Il parlait à haute voix, sans même s’en rendre compte
« - Elle m’avait trompée la salope, elle voulait me quitter ! Moi ! Elle n’a eu que ce qu’elle méritait. Ah ! elle a eu son compte. » Tout se remettait en place. Cette chienne de Marie n’avait pas pu rester tranquille dans sa tombe au fond du jardin. Elle était revenue le détruire, encore et toujours. Détruire la seule personne qu’il n’avait jamais aimée…
« - Elle n’a pas eu le courage de la violer comme je l’ai violée, de l’enterrer comme je l’ai enterrée, après lui avoir massacré son visage gerbant à coup de pelles . Elle m’a finalement laissé reprendre le contrôle de mon corps. Je la hais tant. Oh ! Nadia… pardonne-moi de n’avoir pas réussi à te protéger. Je t’aimais tellement… Mike s’effondra.
-Bournes, ramène-le dans sa chambre… Je crois bien que nous allons devoir tout reprendre à zéro… »


Citation :


LES CRIS

Premier acte

La sensation était encore présente. Extérieurement, des marques presque violacées restaient visibles sur sa peau. Cependant, elle n’avait pas mal. Pas de douleur vive, ni même sourde.
La compression sur ses doigts si fins, avait été forte et longue. La douleur aurait dû être cuisante. Et, elle aurait dû avoir mal, elle le savait . Mais, elle ne ressentait rien. C’était bien ce qu’Emma avait décidé…

En effet, pourquoi se plaindrait-elle ?
Sa sœur chérie, Alice, était là, allongée dans ce lit, près d’elle, tout près. Elle lui tenait encore la main. La sienne était encore chaude. Celle d’Alice, ma foi…

Voilà, elle allait dégager enfin son membre.
Elle le fit alors lentement, pour sentir le plus longtemps possible la raideur qui avait déjà envahi les doigts de la défunte. Elle ne voulait pas la brusquer.

…C’était arrivé le matin. Plutôt tard dans la nuit.

Cette nuit, en effet, Alice lui avait soudainement saisi la main, et la lui avait serrée très fort contre sa poitrine. Son geste avait été une sorte d’invitation. Une invitation ferme certes, mais, une invitation ultime à ne pas s’éloigner.
Alice sut que sa sœur avait compris. Elle sut qu’Emma avait réalisé que le moment était arrivé. Il était précisément celui où elle sentait sa bien courte vie la quitter. Il était cet instant, de leur séparation…Ce geste-là, Emma l’avait bien compris. Elles étaient jumelles.

…A présent, elle retirait sa main, doucement, de peur de lui faire mal. C’était absurde, elle le savait. Alice n’aurait désormais plus mal.

Depuis quelques minutes, dans cette chambre d’une maison au bord de la mer, elles étaient restées accrochées l’une à l’autre. Maintenant, c’était fini. Alice était morte. Emma pouvait repartir...


Deuxième acte

Des éclats de voix résonnaient dans sa tête. Les bruits d’une dispute. Des meubles qui se renversaient. On reconnaissait le timbre si caractéristique de deux femmes. L’une des deux avait une voix qui s’apparentait au cri d’un chat qu’on égorgeait. L’autre était, chose curieuse, identique. On aurait dit que ces deux personnes n’en faisaient qu’une en réalité. Mais c’était absurde. Pourquoi un être sain de corps et d’esprit perdrait son temps à se disputer avec lui-même ?
La dispute était retentissante. Cette dispute semblait sérieuse. Les bruits s’étaient amplifiés. Puis, ils cessèrent soudainement.

…Emma se réveilla en sursaut. Elle dégoulinait de sueur. Sa respiration haletante, elle présentait également une mine décomposée. Elle avait apparemment beaucoup de mal à rassembler ses esprits. Elle restait là, dans ce grand lit, les yeux rivés sur la porte de la chambre. Elle était effrayée, il n’y avait pas de doute. Pourtant, elle s’allongea, glissant lentement à nouveau sous ses draps. Ceux-ci étaient mouillés. C’était désagréable et toutefois peu recommandable d’ignorer ce genre de détail. Elle allait certainement prendre un petit coup de froid. C’était inévitable. Qu’importe, elle ne voulait surtout pas faire de bruit. Son agitation précédente avait déjà dû mettre à mal la sérénité qui régnait dans cette chambre à coucher. Elle se fondit donc dans ses draps, cherchant à respirer à nouveau normalement, cherchant à retrouver son calme.

Lui n’avait pas bougé. Il était resté étendu sur le ventre, la tête sur le côté. De sa bouche sortait le souffle chaud et rauque d’une respiration régulière. Lui, c’était Franck, le compagnon d’Alice.

Emma le regardait tendrement. La seule vision de cet homme la ramenait toujours du monde de ses tourments. Elle s’était apaisée. Elle voulait l’embrasser, le serrer très fort, se laisser aller dans ses bras. Mais, elle n’en fit rien. L’essentiel pour elle était de retrouver le sommeil.
Demain allait être une rude journée. Elle aurait besoin de toute son énergie pour affronter une sorte d’épreuve. Demain, elle reverrait sa mère. Cette mère qui ne la connaissait plus depuis si longtemps. Cette mère qui avait préféré l’oublier, elle, cette fille si peu recommandable.
Demain, était un grand jour donc. Aussi, elle saurait bien résister à des draps mouillés…



Troisième acte

Cette scène, Emma se l’était maintes fois imaginée…

Elle empruntait cette belle route, si belle car aux abords toujours verdoyants et à la surface bien damée.
Elle s’enfonçait plus avant, continuant son cheminement dans cette campagne accueillante, mais aussi charmée par ses retrouvailles avec cette nature qu’elle avait délaissée, il y a si longtemps, et qui pourtant se répandait à quelques coups de volants de l’Ogresse londonienne.
Elle arrivait devant ce grand portail aux grilles hautes et ajourées.
A travers elles, elle voyait s’étendre, à son tour, une splendeur d’un autre genre. Cette splendeur était un jardin au style hybride. Un jardin mélangeant de la rigueur, l’ordre caractéristique à la française, avec une multiplication des variétés, la tradudtion d'une désinvolture végétale typiquement à l’anglaise.
Puis, elle poussait les lourds vantaux de ces gardiennes métalliques, pour fouler la surface de cette allée bien entretenue.
S’installant de nouveau dans son véhicule, moyen de transport nécessaire pour traverser ce si vaste domaine, elle continuait sa progression.
Le bruit, issu du contact des roues avec le gravier qui composait cette élégante allée, se diffusait comme un grésillement et participait également au réveil progressif de ses souvenirs lointains.
Elle débouchait enfin, toujours avec un plaisir qu'elle avait du mal à dissimuler, sur le clou du spectacle : la maison. Une demeure très bourgeoise, de taille plutôt modeste, au cachet incontestable, mais à l’allure un peu désuète. Cette demeure était le reflet de cette atmosphère du passé, une atmosphère si familière, celle de son enfance, et d’une bonne partie de son adolescence.

…Cette scène, elle se l’était maintes fois imaginée. Aujourd’hui, elle était avec Franck, son futur mari, sa nouvelle vie. Tout allait aboutir enfin.

Sans la mort de sa sœur, Emma savait qu’elle ne serait jamais revenue. Elle n’aurait jamais daigné ressentir ne serait ce que l’envie de partager au moins avec ces lieux les souvenirs du passé. Ce passé lourd et douloureux, certes, mais également ce passé merveilleux où elle et sa jumelle consumaient la vie à pleine bouche.
Emma avait peine à croire qu’elle se présentait une nouvelle fois devant cette porte…
Celle-ci représentait, à elle seule, tout ce qui l’entravait.
Elle venait en ce jour pour la pousser à nouveau, sachant pertinemment que cette femme l’attendrait derrière. Cette femme, c’était évidemment sa mère…

Cette porte massive s’était ouverte devant Emma, comme par magie. Sa mère se présentait devant elle, dressant sa longue silhouette, une de ses mains encore arrimées au bouton de poignet, l’autre posée légèrement plus haut sur son tranchant épais.
Elle était souriante. Elle était vieille. Emma la reconnut quand même.
Elle était également cette même personne dont le souvenir horrible résonnait encore dans son esprit. Un autre de ses cris. C’était bien sa mère.

Celle-ci ne les laissa pas languir sur le perron. Il pleuvait, autre détail pittoresque tellement fréquent pour ce pays. Franck et Emma furent invités promptement à entrer.
Quelques instant plus tard, débarrassés de leurs diverses affaires (imperméables, parapluie, chapeaux, gants, sacs…), ils furent invités chaleureusement à passer au salon.

Chaleureuse ! Cette sensation lui vrillait le cœur.
Cet accueil maternel ne la prenait pourtant pas au dépourvu. Cette femme était pleine de douceur. Emma le savait bien. Cette mère n’était aucunement ce monstre dur, sec et cruel dont elle avait encore le souvenir. Cet être-là devait absolument s’effacer de sa mémoire. Emma s’y était résolue. Ce fut pourquoi, elle la suivit comme une automate, sa sollicitude l’ayant simplement mise à terre, forçant sa nouvelle ligne de conduite à se déployer inexorablement.

Seuls momentanément dans le petit salon, Franck et elle se dévisageaient. Ils affichaient sur leur visage leur bonheur complice et implacable.
Ils venaient aujourd’hui pour mettre la dernière touche à leur engagement l’un envers l’autre.
A la fin du week-end, ils seraient unis pour la vie. Ce lieu allait être pendant quelques jours le théâtre des festivités de leur mariage.
Emma avait céder aux traditions, et n’avait donc pas manquer de confier une bonne partie de l’organisation à sa mère.
Aujourd’hui, celle-ci accueillait son petit couple d’amoureux. Tout était encore calme dans cette demeure. Demain, les choses s’accéléreraient.
Aussi, cet après-midi, elle le leur avait arraché afin qu’elle puisse profiter d’eux, encore un peu.
Pour l’heure donc, elle s’était éclipsée dans la cuisine, vraisemblablement pour y préparer un joli plateau pour le thé. Elle tenait en plus à respecter cette tradition anglaise.

Dès le retour de sa mère de la cuisine, Emma se précipita pour lui prendre le plateau des mains. Les deux femmes s’échangèrent un sourire complice. Les souvenirs accomplissaient leur travail sur l’inconscience ; ils réveillaient chez Emma bien de vieux réflexes. C’était une madeleine de Proust. Emma se complaisait dans ce moment.
Elle posa délicatement le plateau sur l’unique table basse, au centre du petit salon, tandis que sa mère prenait place sur le bout d’un fauteuil en velours bleu, en face du sofa dans lequel Franck était installé.
Emma resta fixée longuement dans une position semi penchée. Ses mains restaient toujours au contact de ce plateau. Sa tête traînait au dessus du filet de vapeur qui s’échappait de l’imposante théière. Ses yeux se fermèrent un moment irrésistiblement pour augmenter le pouvoir de son odorat.
Les effluves de ce thé au jasmin la projetaient dans un autre temps. Dans un autre corps…
Ce fut alors qu’elle fut prise d’un léger vertige. Elle se redressa très vite pour se maîtriser.

Tout ici était trop doux. Tout donnait l’envie de se répandre en un flot de tendresse. C’était trop parfait.
Elle les entendait à nouveau tambouriner ses tempes. Ces cris la harcelaient. Du fond de sa tête, ils martelaient violemment les parois internes de son crâne. Elle sentit alors que tout se brouillait autour d’elle. Le visage de Franck prenait un aspect flou. Il en était de même pour celui de sa mère. Les meubles du salon commençaient à se déplacer, l’air ambiant se réchauffer, se raréfier.
Malgré cela, Emma essayait de se reprendre. Il le fallait. Son corps se ramollissait dangereusement.

- « Ca ne va pas ma chérie ? Alice, tu ne te sens pas bien ? »

Ces quelques mots, surtout le prénom, la ramenèrent aussitôt sur Terre. Franck venait de la saisir par la taille, parant par là même occasion cet évanouissement inévitable qui la guettait sournoisement.
Emma observa chez sa mère une inquiétude similaire. Elle ne s’était pas précipitée pour la retenir, mais elle la couvait du regard aussi chaleureusement que les solides bras aimant de son compagnon.

Alice oui ! Elle était en train de l’oublier ! Ces effluves de thé étaient responsables. Ils l’avait ramené si loin dans son enfance, qu’il lui semblait être revenue un instant dans la peau d’une autre, Emma, cette ombre dans ce joli tableau, si paisible.


Oui Alice, c’était elle maintenant ! Elle l’était devenue depuis quelques mois déjà. Emma n’existait plus désormais. D’ailleurs, elle avait cessé d’exister pour cette femme depuis longtemps, quant à Franck, il ne l’avait jamais connue. Du moins, le croyait-il…

…Emma savait ce qui lui arrivait. Elle sentait qu’Alice la quittait. Plus précisément, la personnalité d’Alice. Son corps et son esprit ne voulaient plus se travestir. C’était clair : elle était sur le point de se trahir.

Franck la força à se rasseoir sur le sofa. Il voulait même qu’elle aille s’allonger.
A cette dernière proposition, Emma ne se fit pas prier.

- « Oui, tu devrais aller t’allonger. Ta chambre est toujours là, tu sais. ».

Sa mère avait rajouté cela très vite. Emma saisit la perche qu’on lui tendait.
Elle se leva à nouveau du sofa, et sortit prestement de la pièce. Il valait mieux s’éloigner quelques instants, pensa-t-elle. Il valait mieux ne pas être exposée à une nouvelle défaillance. Aujourd’hui, elle n’était manifestement pas prête. Mais il allait bien falloir qu’elle le soit.

Dernier acte

Lorsqu’elle se retrouva seule dans sa chambre, elle prit le temps de fermer les yeux.
Elle sentait des bouffées de chaleur l’investir à nouveau, l’étouffer. Elle tenta encore de refouler cette angoisse qui l’oppressait. Les souvenirs de sa sœur revenaient à la charge. Tous criaient.

Les cognements légers d’un poing sur la porte la sortirent de son marasme. C’était Franck qui lui portait un verre d’eau.
Emma se pressa de s’allonger sur l’imposant lit qui trônait au milieu de sa chambre. Elle autorisa ensuite son futur mari à entrer.
Son cœur battait terriblement vite. Des gouttelettes de sueur perlaient encore sur son front. Elle devinait qu’elle était certainement blafarde.

Franck pénétra dans la chambre avec un beau sourire. Il tenait effectivement un verre d’eau dans la main.
Après l’avoir posé sur une des tables de chevet, et après n’avoir pas pu résister à l’envie de l’embrasser à nouveau, il voulut comme prévu la laisser seule. Emma n’en avait pas envie.
En effet, il était bien ce cadeau merveilleux qu’elle s’était octroyé aux dépens de sa sœur.

Emma avait depuis longtemps rompu avec sa famille pour d’obscures raisons.
Alice, sa jumelle, n’avait jamais voulu accepter cette évidence : tous disaient de sa sœur qu'elle était folle, et potentiellement dangereuse. Alice, cette bonté d'âme, avait voulu, malgré tout, garder des relations avec elle. C'était sa jumelle, une partie d'elle en quelque sorte.
Emma songea, en regardant Franck, qu’Alice avait eu raison sur ce point : ce Franck était une merveille.
Un jour, elle s’était dit que puisqu’il rendait Alice si heureuse, pourquoi ne le serait-elle pas également. Elle avait toujours raisonné simplement, laissant, vu de l'extérieur, ses pulsions s'exprimer plutôt que son coeur.

…Emma se résigna à ne pas le retenir. Alice était normalement une personne raisonnable. Elle devait en tenir compte. De plus, Emma n’était pas encore sûre d’elle même.
Et ces cris, atténués provisoirement par cette présence rassurante, attendaient toujours en embuscade dans un coin de son cerveau, prêts à finir de la déstabiliser, prêts à la compromettre.

Elle se redressa sur le lit, saisit le verre d’eau ainsi que son sac à main qu’elle avait pris soin de récupérer avant de monter. Elle l’ouvrit et fouilla frénétiquement à l’intérieur.
Ses gestes étaient saccadés et brusques. Elle tremblait en fait.
Elle se résolut à renverser alors le contenu de son sac sur le lit. Elle balaya du regard tous les objets qui se trouvaient éparpillés devant elle.
Tout d’un coup, sa main bondit pour en saisir un seul. C’était apparemment une petite boite de médicaments. Elle en sortit deux cachets, les porta immédiatement à sa bouche et les avala. Quelques gorgées d’eau vinrent faciliter le passage.
Elle respira ensuite profondément comme soulagée presque instantanément. Ce qui était bien sûr impossible; les cachets ne pouvaient pas avoir fait effet si vite.
Puis, elle s’allongea de nouveau, ne prenant même pas le temps de ranger tous ces objets qu’elle avait éparpillés sur le lit, juste avant.
Sa main traîna sur l’un de ces objets. Elle le saisit. Il était froid.
Ensuite, elle le porta jusqu’à ses yeux et l’admira en souriant. Ils brillaient.
Après quelques minutes à le caresser, à le mirer dans tous les sens, Emma décida de le ranger à nouveau dans son sac.
Un dernier et curieux baiser sur cet objet singulier, et le voilà retrouvant sa place au fond de la poche principale de ce fourre-tout.
Or, cet objet était un poignard. Un long et magnifique poignard. Et, ce baiser semblait si étrange, si peu approprié à un tel objet.

Emma rassembla tout le reste du contenu de son sac, et le fit disparaître à son tour.
Pour la énième fois, elle tenta de se relacher à nouveau sur le lit. Mais cette fois-ci, elle était certaine d’y trouver le repos. En effet, elle put enfin fermer ses yeux, et se sentit glisser plus facilement dans le sommeil.
Là, elle sut qu’elle y était arrivée. Plus d’angoisse et surtout plus de cris dans sa tête. Installée sur le lit d’Alice, dans la chambre d’Alice, dans la maison d’Alice…dans la vie d’Alice, elle savait que dorénavant elle ne l’entendrait plus crier.

Ce poignard, elle l’avait trop vite oublié. Il venait de lui rappeler ce qu’elle était. Cette chose sans âme…

FIN

Note de l'auteur: le thème de "la possession" n'est pas très surnaturel, dans mon texte. J'ai préféré le traiter de cette manière, pourtant. En effet, même s'il ne touche pas au surnaturel, il me fait froid dans le dos, sous l'apparente légèreté de cette histoire.
Pour ceux qui veulent voir du surnaturel dedans, je répondrais par cette pseudo morale que la nature humaine est une diversité d'êtres surnaturels, dans la mesure où ils veulent tous aller étymologiquement "au dessus de leur nature" et s'octroyer, la plupart du temps, et par différents procédés, ce qu'ils n'ont pas...


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MessagePosté le: 24 Fév 2004 00:20
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Voici la suite :

Avertissement : le texte suivant est clairement destiné aux adultes (scènes violentes et sexuelles)
Citation :
la nostalgie du bonheur

Humbert déposa un baiser au creux du cou de Frida. Une mèche de sa chevelure grise se colla sur sa pommette gauche. Il lui caressait les fesses, des deux mains. Des fesses énormes, molles, gorgées de cellulite, faites pour l’amour.
Frida leva les bras au-dessus de sa tête, ses seins laiteux et fripés se rapprochèrent l’un de l’autre en un mouvement d’une intense sensualité… du moins dans le regard amoureux de son mari. Vivement, en proie à une érection de plus en plus forte, Humbert abaissa le soutif et les libéra de leurs gaines. Les aréoles, larges, sombres et perlées de sueur, dégoulinaient d’un érotisme mortifère. Humbert les prit dans sa bouche. Elle lui susurra : « Viens » et lécha son lobe avec sa langue grasse qui sortait de sa bouche édentée.
Le couple, enlacé, s’avança vers le lit. La vieille femme se retrouva allongée, jambes en l’air, sur les drapés aux motifs fleuris. De sa main droite Humbert enleva la culotte blanche de sa tendre moitié et de la gauche il plaqua Frida de telle sorte qu’elle demeura passive le temps que son visage se perdît dans son minou, masse rose et grisâtre, huileuse de mouille.
Aussitôt les jambes à la chair épaisse de Frida basculèrent sur son dos, la soie de ses bas se frottant sur les muscles maigres et rêches d’Humbert…dont la langue fouineuse plongeait dans la vulve. Frida se cabra à ce contact et gémit d’un plaisir endiablé. Humbert la suçait goulûment. Elle remuait ses grosses fesses molles, par moments la langue léchait aussi son anus. Comme il la sentait prête à défaillir, il se releva subitement malgré ses problèmes de rhumatisme… et il la pointa d’un coup sec. Frida poussa un : « Ouh ! » d’extase et d’étonnement.
Humbert ramona quelques coups, mais déjà un orgasme d’une rare violence le fit s’écrouler sur sa vieille amoureuse. Frida s’abîma dans le plaisir de son époux, puis avec tendresse elle déposa des bisous mouillés sur le crâne chauve de son Humbert… Il n’en fallut pas plus pour ranimer son ardeur.
Il la bourra une heure durant dans différentes poses. Frida, pantelante dans son souffle et sa sueur… Humbert la serrant tout contre lui, les cœurs à l’unisson.

Après de tels ébats Frida finissait toujours par s’endormir dans les bras de son époux.
Humbert la regardait dans son repos, alanguie. Il l’ignorait bien sûr, comme tout un chacun qui se berce d’illusions ; comme si plonger en l’oubli ne revenait pas à noyer d’ombres sa propre mortalité, mais cette fougue recouvrée n’était qu’un flash dans les ténèbres qui les enserraient et dont se tissait la toile alentour. Bien sûr les ravages du temps avaient fait leur terrible travail sur sa Frida et lui-même, mais aussi incroyable que cela paraisse, ils s’aimaient de plus en plus à 80 ans passés, comme des fous, à se dévorer !
Parfois dans ses moments de réflexions post-coïtales, Humbert faisait le lien entre cette vigueur inespérée et l’achat de leur nouvelle habitation. Et il remerciait Dieu, ou plutôt les bons soins de Sam Dara, son agent immobilier, qui leur avait déniché cette merveille de pavillon, avec jardin et caravane.

***

— Vous n’avez donc pas honte d’ainsi ameuter tout le voisinage ! s’exclama monsieur Akkybort, le visage rubicond. À votre âge ! si ce n’est pas un scandale, vieux débauchés !
Pourtant derrière les récriminations unanimes du voisinage, on sentait poindre comme une envie. Le désir et la nostalgie, chez ces gens-là, de quelque chose de magique… ou plutôt l’esquisse intangible d’un paradis qui demeurerait à jamais hors de leur monde. Le sacrilège était double et ambigu. Pourtant le couple Merill n’en avait cure ; tous les deux sourds comme des pots (et reconnaissons-le uniquement préoccupés d’eux-mêmes), ils ne prêtaient aucune attention à leur entourage. D’ailleurs quand monsieur Akkybort venait se plaindre que leurs hurlements de plaisir à trois plombes du mat’ l’empêchaient de dormir, monsieur Merrill était tout à fait convaincu que ce jeune homme venait lui parler de la pêche à la mouche ou du dernier match des Meets… selon que l’haleine d’Akkybort refoulait de l’ail ou de la bière. Sourd, mais l’odorat actif, le vieux bonhomme !
Et chaque fois, devant ce sourire béat, cette naÏveté du bonheur, Arnaud Akkybort finissait par baisser les bras. Il faut dire qu’une chose l’intriguait au plus haut point ; après tout le Viagra n’expliquait pas tout. Et lui-même, avec son épouse Mia, connaissait depuis peu des problèmes d’ordre sexuel.

***

La nuit tombait sur la ville, il était encore tôt pourtant, mais, bien qu'approchant de sa fin, l’hiver était toujours là.
L’homme resserra machinalement son manteau autour de lui puis abaissa le rideau de fer de sa boutique. Les affaires marchaient bien pour lui, au grand dam de ses concurrents. L’homme, lui, jubilait. Il avait eu le nez fin d'acquérir ce lot. Bon, évidemment, dans ce genre de transaction, on écope toujours d’un cimetière indien, mais jusqu'à maintenant les esprits semblaient se tenir tranquilles. Il payait assez cher de sa personne pour cela. D'ailleurs le temps de son offrande était venu. Que ne ferait-il pas pour quelques substantiels dollars. Des dollars qu’il aimait à palper, à tenir dans sa main… Il rentra chez lui rapidement en vue de se préparer pour la cérémonie.

Une ombre filait dans la nuit en direction de la station d'épuration des eaux. Utilisant un pass cracké, l’homme entra dans le bâtiment ouest, celui qui recueillait les eaux souillées. La forte odeur le prit aux narines et il ne pu empêcher un haut-le-coeur. Il vomit tripes et boyaux, comme à chaque fois. Il n’osait regarder ce qui sortait de sa bouche ; outre la bile, des relents de whisky et des morceaux de viande de hamburger d’à midi, il redoutait d’y trouver autre chose… comme la part matérielle de la corruption qui habitait ces lieux et son âme ! D’ailleurs, il n'utilisait plus l'eau du robinet, que ce soit pour boire ou se laver, depuis qu'il venait ici. Il se dirigea vers une porte marquée "Entrée interdite" et emprunta les escaliers qu'elle dissimulait. L'odeur devint de plus en plus nauséabonde, ses yeux le piquaient. Un reste de bile lui remonta de l'estomac et l'acidité le fit saliver comme un chien. Il bavait et crachait tout en continuant son chemin. Il emprunta un long corridor suintant recouvert de mousse grouillant de bestioles inconnues et de plus en plus nombreuses alors qu'il approchait d'une lourde porte de métal. Des bruits de succion, des râles et des plaintes étouffés accompagnaient ses pas. Il frissonna soudain. Le brouhaha des sons alla s'amplifiant et se transforma en sifflet strident devant la porte.

Avant d’entrer, l’homme prit un tube de sa poche et s’enduit les mains d’un produit épais et huileux et se positionna les jambes écartées et les bras en croix devant la porte. Celle-ci, comme mue d’une vie propre s’ouvrit lentement et laissa échapper une odeur de putréfaction âcre et puissante. Le pire des trous à rats aurait encore été un palace à côté de cet endroit, tanière improbable jonchée de matières fécales diverses, de détritus en voie de décomposition qui avaient pu être des êtres vivants à une autre époque. Le sol grouillait des mêmes bestioles qui recouvraient les murs du couloir, toutes se dirigeaient vers une alcôve au fond la cave. L’odeur s’amplifiait, si c’était encore possible, à mesure que l’homme s’en approchait. Mais cette puanteur n’était rien comparée aux sons. On pouvait entendre des bruits de succions, des gémissements, des craquements d’os, des cris de douleur, ou de plaisir, c’était difficile de faire la différence. Puis, alors que l’homme pénétrait dans un étrange cercle de lumière glauque, plus rien, sauf un long et profond soupir rauque de satisfaction. L’homme frissonna, il savait ce qui l’attendait.

Un glissement se fit entendre, un bruit doux et mouillé. L'air était chaud et collant. Une espèce de frénésie avait envahi la cohorte de bestioles qui s'agitaient en silence dans l'ombre. L'homme tendit les mains, prêt à commencer le rituel. Enfin le démon entra dans la lumière. L'homme ne pouvait s'empêcher de détourner les yeux à chaque fois qu'il voyait la créature. A échelle humaine, cet être n'était qu'une innoffensive chenille, un ver gigotant. A échelle démoniaque, c'était un cauchemar incarné. Un ver blanc géant suitant ondulait vers l'homme et se redressa une fois arrivé dans le cercle. Ce n'était d'ailleurs pas la seule chose dressée chez la bête. Le démon était équipé d'un braquemart aux proportions de sa taille, une protubérance impressionnante que l'homme prit à pleines mains. Il masturba activement le ver quelques minutes puis celui-ci d'une brusque poussée le fit tomber à terre. Deux de ses multiples pattes lui retirèrent avec une étrange douceur son pantalon et dans un claquement de mandibules, la bête força sans plus de façon l'entrée de son anus. Il hurla, comme à chaque fois et se félicita encore d'avoir enduit ses mains de vaseline quelques minutes plus tôt. L'intrusion ne durait jamais longtemps et le ver géant repartait comme il était venu. L'homme restait sur le sol, attendant que la douleur passe pendant que les bestioles courait sur son corps tendrement, comme pour le réconforter. A ce stade, il n'était plus conscient de rien d'autre que de ce que lui coûtait ce sacrifice, pas grand-chose finalement par rapport à ce que cela lui rapportait. Il se rhabilla péniblement puis quitta la tanière maudite.

***

Akkybort n'en pouvait plus de les entendre hurler leur plaisir, il devait voir ça et y mettre fin une bonne fois pour toute. Il enfila un peignoir et des chaussures et se dirigea vers le jardin de ses voisins où la caravane était secouée de soubresauts si violents qu'il se demandait comment elle tenait encore debout. Modèle improbable d'une série qui avait dû voir sa production arrêter dans les années cinquante, toute en rondeurs et en chromes ternis, elle vibrait de toutes ses vis rouillées et tremblait de toutes ses fenêtres aux joints disloqués. Alors qu'Akkybort s'approchait d'une fenêtre, il aurait juré voir le tas de ferraille sourire. Cette impression fugace fut vite oubliée dès qu'Akkybort vit les deux vieux dans des positions que même lui ne connaissait pas. Cette vision lui fit immédiatement monter les sangs, et il se mit à bander comme un taureau.. Alors qu'il s'apprêtait à retourner chez lui pour en mettre un bon coup à sa femme, il s'aperçut que Mia l'avait suivi et qu'elle se caressait copieusement la chatte juste à côté de lui. N'y tenant plus, il enfonça la porte de la caravane, traînant sa femme derrière lui. Faisant fi des odeurs et des diverses matières qui jonchaient le sol, il plaqua sa femme contre l'évier et entreprit de la ramoner sérieusement. Leurs gémissements se mêlaient aux cris des deux vieux et la caravane les accompagnait dans un grincement en cadence.

Puis, celle-ci sembla prendre vie et alors ce fut un festival de lumières: les ampoules s'allumaient et s'éteignaient au rythme des corps poisseux de sueur et autres fluides corporels. A chaque nouvel éclairage, les positions étaient différentes et les corps emboîtés n'étaient pas les mêmes. Frida, Humbert et les Akkybort ne faisaient plus qu'un, quatre corps imbriqués les uns dans les autres, ne sachant où commençait l'un et où finissait l'autre, ils se léchaient, se mordaient, s'arrachaient des lambeaux de chairs dans une extase qu'ils n'auraient crue possible.
Le sang se mêlait maintenant aux autres fluides mais les quatre corps n'en avait cure, ils avaient dépassé le stade de la conscience, tout ce qui les intéressait était d'ingurgiter les autres et d'être ingurgités par eux. Ils ne virent donc pas le sang qui, au lieu de ruisseler sur le sol, était absorbé par ce dernier. La caravane se repaissait de leur agonie extatique. Alors que les couples se dévoraient littéralement, la caravane buvait leur orgie, ne laissant échapper aucune goutte, aucun morceau de ces chairs possédées qui lui appartenait.

Quand les lumières cessèrent leur agitation stromboscopique, il ne restait plus rien de la folie orgiesque qui avait habité le véhicule toute la nuit durant à part une odeur putride et écœurante difficile à déterminer.

La caravane était calme. Elle eut un soubresaut. Un hoquet de digestion probablement

***

L’homme marchait avec difficulté, d’une manière déhanchée. Il entra dans la caravane, l’intérieur était nickel malgré une légère odeur nauséeuse et de rot, il s’approcha d’un compartiment secret près du lit, le cajola d’un mot : « Ouvre-toi, ma belle ! » Ce qui se fit aussitôt. Il en extirpa une K7 vidéo. Les ébats de ces dernières semaines et notamment de cette nuit y étaient enregistrés. De quoi alimenter son réseau de films pornos... pour un bon moment !
— Voilà une bonne caravane, prononça-t-il plus haut.
Un doux ronronnement se fit entendre.
— Cela te dirait t’avoir de nouveaux locataires ?
Le ronronnement se fit plus ardent.
— Bien, dit Sam Dara.
L’agent immobilier sortit mettre un écriteau devant l’entrée du lotissement : À LOUER.
Dehors le soleil resplendissait… une merveilleuse journée qui s’annonçait florissante pour les affaires.


Citation :
La trahison du vrai



Londres, le 4 octobre 1891

Je trouvais mon ami seul dans la pénombre de sa chambre. Assis sur le lit. Ombre dans l’ombre, on l’eut cru l’espace d’une seconde, ainsi affaissé, une trahison s’apprêtant à devenir réalité. J’étais dans l’erreur ; elle avait déjà été commise. Une légère odeur de moisissure ou de viande avariée perçait derrière le parfum de son épouse. Je la cherchais du regard. Je repérais sur la table de chevet une tasse de tisane, froide, que l’on n’avait pas touchée. Mis à part l’empreinte d’un corps qui n’est plus sur le drapé, Gabriel était seul.— Elle n’est plus là, dit-il.
— Elle t’a quitté ? me hasardais-je…
Mon ami, mon vieil ami leva ses yeux vers moi, des yeux que je ne reconnaissais pas… des yeux qui avaient plongé en ce qu’ils n’auraient pas dû. Des yeux qui étaient allés au bout de la vérité.

***

Londres, le 18 avril 1891

Sa conscience n’était pas douée pour une casuistique de l’amour ; il virevoltait, batifolait, traînait là un temps, puis s’en allait vers d’autres couches. Pour être franc, son existence ressemblait à un opus incertum et ce qui servait admirablement à enchâsser les blocs épars de ses aventures était une sorte de désinvolture aristocratique. De notre groupe Gabriel Darso était le prince. Peut-être l’aurions-nous quelque peu jalousé si sa beauté ne se teintait de cette innocence naïve qui rappelle l’enfance. Et puis il n’avait pas la séduction radine ; il savait faire profiter les amis.
La trentaine révolue nous approchions l’âge de nous caser bourgeoisement, aussi cette saison se devait d’être pour le groupe notre chant du cygne. Le Duc de Cotswold donnait une réception où ne manquerait aucun des plus beaux partis du royaume.
En effet entre la mi-avril et la fin du mois de juillet, au moment où s’achève la chasse à courre et que les sessions du Parlement réclament la présence des chefs de famille de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie dans la capitale impériale, se déroulait pour la gentry une suite de “rites” que l’on regroupait sous l’appellation de “saison” : Admirer par exemple les dernières œuvres reçues à l’appréciation de la Royal Academy… Ecouter quasi religieusement les plus belles voix dans les spectacles lyriques les plus prestigieux au Royal Italian Opera House… Se rendre aux réceptions tenues par les grands noms du “Tout Londres”, les dîners et les bals… Et puis bien évidemment trouver un époux pour les jeunes filles en âge de se marier.
Dehors le brouillard recouvrait Londres et son odeur de crottin humide. Ici tout se montrait derrière le scintillement du luxe et les toilettes ensoleillées… Tout se voit… On papillonne… On cherche… On attire.
Mille feux embrasaient cette réception de la splendeur du faste. Pour nombre de demoiselles, il s’agissait du bal des Débutantes. Le lustre de la première fois les traversait toutes d’un frisson enivré. Elles semblaient toutes habillées de cette candeur sublime qui rend vivante au cœur les rêves d’autrefois.
Les renards aussi étaient dans le poulailler, seulement voilà, parmi toutes ces demoiselles une flamboyait d’un éclat sans pareil.
La beauté déstabilise toujours, mais là il s’agissait d’autre chose, résidu atavique devant le divin, terreur sacrée qui appelle la transgression. Bien qu’elle n’eut qu’une poitrine modeste, un corps effilé, loin de la volupté matriarcale, cette inconnue inspirait la féminité dans sa majesté la plus sensuelle. Tout venait de son visage : absolument parfait dans la pureté. On eut voulu l’embrasser, la prendre, la posséder, l’incorporer à soi et en même temps se jeter à ses pieds pour l’adorer. Elle en devenait presque douloureuse de ravissement. Pourtant pris un à un les détails ne possédaient rien d’extraordinaire. Brune, le visage à peine ovale, des yeux noisette clair, le nez fin, des lèvres bien proportionnées à l’éclat carmin, des bijoux discrets à l’image de sa tenue. Mais tous ensemble réunis on se trouvait devant le plus beau des visages qu’il nous eut été permis de voir. Elle devint objet de désir, d’amour inaccessible ou de défi pour chacun d’entre nous.
Gabriel semblait transfiguré en la regardant. Mais je n’y prêtais aucune attention ; nous étions devenus les uns pour les autres des rivaux.
Mais de lutte il n’y eut point. La belle inconnue s’approcha de Gabriel et se présenta à lui le plus simplement du monde comme l’aurait fait une demi-mondaine ou une princesse qui se rit de l’étiquette… comme s’il était le seul à exister en cette réception. Cette impertinence accompagna la musique de chuchotements.
— Sybille de Garam, prononça-t-elle d’une voix teintée d’un léger accent indéchiffrable et qui me donna des frissons sans que je ne puisse véritablement me l’expliquer.
— Gabriel Darso, répondit mon ami, pour vous servir. Et il s’empara de la main gantée de Sybille qu’il porta à ses lèvres. Puis tous deux fondirent dans le mouvement des valseurs.
Cette image évoqua un sentiment, sa profondeur et son ambiguïté. Il se jouait, par les rayons qui traversait le cristal du lustre, un contrasté éthéré. Leurs silhouettes, auréolées d’une lumière fuyante sous un autre angle s’enveloppait de noirceur et d’ambre… leur conférant tout à la fois la caresse du pampre et la dureté du diamant. Comme à contre-jour des autres danseurs on les crut parcouru par l’invisible. Gabriel et Sybille ne se quittèrent pas de la soirée… ni le lendemain ni les semaines qui suivirent.
Durant cette période je ne revis Gabriel que par intermittences. Il désertait de plus en plus notre groupe pour se consacrer entièrement à sa nouvelle passion. Si au début nous le comprenions, sourires en coin, au fil des jours un agacement se fit ressentir. Jamais Gabriel n’avait agi de la sorte.


***

Londres, le 24 mai 1891

Le va-et-vient des nuages jouait à démasquer le soleil dans un torrent de couleurs. Dehors, au loin, là-haut. Et pourtant sur la vitre se réverbérait une symphonie coruscante qui venait jusqu’à eux et semblait, presque par inadvertance méchait d’or le noir de sa chevelure brune. Sybille enroula sa nudité autour de celle de son amant et de sa main l’aida à entrer en elle. Gabriel se donnait à cette volupté bien qu’il préférât habituellement mener les ébats.
Epiderme sur épiderme, l’odeur satinée de la jeune femme imprégnait Gabriel d’une saveur citronnée — la douceur de ses seins longeant son corps, tout était caresse, enivrement. Modulant tour à tour au désir de se perdre l’ivresse de recommencer. Dans les battements de leurs cœurs, l’irrigation des vaisseaux, l’afflux violent d’oxygène… les amants, confondus, voyaient les images de leur plénitude, des images d’éclairs, de roulements d’onde, de mers incendiées… comme si leurs consciences n’en formaient plus qu’une en les transcendant tous deux. Ils ne pouvaient plus s’arrêter de jouir l’un de l’autre.
Oui, Gabriel goûtait là une ivresse, une perdition sans pareille, une transfiguration. Dans ses gémissements de plaisirs il entendait l’écho de sa propre jouissance… et dans son corps abandonné il voyait son propre don de soi. Il aimait enfin. Véritablement.
Ce qui fut un seigneur dans la débauche vivait une connivence d’être à laquelle il n’osait même pas croire. Sa quête sans fin de conquêtes, de femmes rencontrées, d’amours sans lendemain n’avaient été que la répétition pathétique d’une aspiration infiniment sublime. Sybille l’amenait au cœur du mystère et du ravissement. Jusqu’alors il n’avait vécu que sous une éclipse où la couronne solaire demeurait inabordable, enfin Sybille le baignait d’étoiles avec ses baisers, l’embrasait de lumière avec son amour.
Au réveil il la demanda en mariage. La jeune femme accepta.

***

Londres, durant l’été 1891

Dans ce monde de facilités qu’est le nôtre, où le pouvoir, les plaisirs et les apparences priment sur tout, le bonheur conjugal de Gabriel et Sybille avait une valeur de clarté dans l’abîme. Mais c’était notre abîme, notre aveuglement. Et je l’avoue, pour la première fois notre groupe éprouva de la jalousie à l’encontre de celui qui fut notre prince. Une jalousie faite de rancœur mesquine. Je n’hésitais pas quand nos routes se croisaient au théâtre où dans quelques autres lieux de mondanités à le taper de quelques centaines de livres, à le taquiner, à jouer du cynisme…
— Tu es amoureux en couple, mon ami, c’est indécent pour des anciens noceurs de notre espèce. Aussi ne sois pas ladre en plus ; cela rend laid. Ouvre ta bourse et déverse-là copieusement à l’intérieur de mes poches. Ne sais-tu pas que la générosité chez les gens heureux en amour envers un vieux pervers comme moi constitue une gâterie rare ? au même titre qu’un orgasme chez un eunuque.
Puis un autre soir où j’avais un peu trop chargé sur le brandy après que ma maîtresse m’eut planqué pour un homme plus jeune et plus fortuné, la garce ! je lâchais :
— Est-ce que tu existes encore réellement parmi nous, toi qui es possédé par l’amour ?
Si j’avais su !

Depuis cette remarque que j’avais eu l’imbécillité de proférer, Gabriel se surprenait à penser autrement, non pas des opinions en lesquelles il n’avait jamais adhérées, mais selon des formes nouvelles qu’aucune logique n’avait su structurer. La vérité, cette soif inextinguible, le rongeait au-delà de sa propre volonté, de ses propres désirs. Car lui-même ne se reconnaissait plus. Il appartenait à une communion qui le dépassait.


***

Londres, le 3 octobre 1891

Il rogna ainsi son frein jusqu’à l’insupportable.
Un soir, Gabriel avait donné congé aux domestiques. Il était seul avec son épouse. Tout en lui suppliait de ne pas aller plus loin. Mais il devait savoir. Savoir qui était Sybille. Il connaissait son nom, il savait aussi qu’elle était orpheline, de petite noblesse de Galles et qu’elle avait passé la plupart de ses vingt ans dans les Carpates d’où ces intonations dans sa voix qui conféraient à son anglais une saveur indéfinissable et trouble. Mais rien de plus… et jamais il n’avait éprouvé le besoin d’en connaître plus ; elle le comblait entièrement.
Pourtant dans ce ciel sans fard venait se perdre quelques nuages de doute, d’interrogation. Le ver de la curiosité, immiscé en sa conscience, le rongeait de façon insoutenable.
Le dîner, simple, fut rapidement consommé. Peut-être Sybille devina-t-elle l’intention de son mari. Elle prétexta une migraine pour aller se coucher.
— Vas-y, mon cœur. Je te prépare une tisane et je te rejoins.
— Merci, mon amour, dit-elle en s’avançant pour lui donner un baiser. Sybille souriait, et dans la lumière tamisée Gabriel ne vit rien de la détresse qui dévorait son regard.
Quand il se rendit dans la chambre, seule une petite lampe dissipait avec maladresse les ténèbres. Sur le seuil, armé d’une indomptable résolution, il prononça :
— Sybille, qui es-tu ? Que me fais-tu ? Qui es-tu réellement ?
— Ne me le demande pas, je t’en supplie, entendit-il une voix qui provenait de l’ombre sur le lit ; je ne saurais te mentir.
Gabriel s’avança, inflexible, posa la tasse sur la table de chevet et réitéra ses questions :
— Qui es-tu réellement ? Que m’as-tu fait ?
D’un geste brusque, il retira la couverture qui recouvrait son épouse. Elle était nue, des larmes coulaient sur son visage d’albâtre. La réponse ne supportant aucun silence entre eux, elle lui répondit.
Gabriel ne l’aurait pas cru s’il ne savait que c’était vrai, s’il ne voyait s’accomplir ce qu’il perdait. Sa possession. Son rêve d’amour. Les traits magnifiques de Sybille commencèrent à décliner, à se dégrader, à se désagréger… son corps sublime pourrissait, gonflait par endroits, se ratatinait en d’autres ! Voilà ce que Sybille ne pouvait être une fois le charme rompu. Une chair depuis longtemps morte et qui s’accrochait à la vie. Pareille à un mensonge qui se répète sans cesse à vide… et se trahit.
Mais là où tous nous aurions reculé d’horreur et de dégoût, Gabriel agit comme son cœur lui dictait… avec désespoir, avec frénésie. Il refusait de perdre Sybille. Avec des gestes emprunts de tendresse, d’une délicatesse accablée, il tenta de remédier aux désastres de l’entropie. D’assembler les lambeaux, de remettre les chairs à leur place, les organes qui dégoulinaient. De replacer les os, la clavicule qui se détachait de l’omoplate. En même temps il s’efforçait de la rassurer, qu’il n’était pas trop tard, que tout allait recommencer, comme avant, en mieux… qu’il l’aimait, qu’elle était toujours belle, qu’elle était tout pour lui, qu’elle était plus que sa vie. Et tout le long de cette opération impossible et vaine, ses larmes se mêlaient à cette putrescence en décomposition.
Au matin il ne restait plus rien de Sybille — sinon une déchirure dans l’âme de Gabriel et une empreinte sur le lit.

***

Londres, le 4 octobre 1891

— Elle n’est plus là.
— Elle t’a quitté ? me hasardais-je…
— Non, tu ne comprends pas ; Sybille n’a jamais existé ; c’était l’amour. L’amour tout entier incarné dans le rêve d’une femme. Au fond, tu avais raison ; j’étais possédé. Mais j’étais heureux. J’étais enfin vivant. Et je l’ai perdue à cause de cette illusion qu’on appelle vérité. Maintenant je suis seul. Vraiment seul. Tout est fini !




Citation :
La fugue


22 janvier

J’ai beau être un écrivain, je n’ai jamais tenu de journal auparavant. Ceci est une expérience toute nouvelle pour moi et je ne sais pas vraiment comment commencer. Habituellement, je soigne toujours la première phrase d’un roman et je peux vous affirmer que ce que je viens d’écrire est un bien médiocre début. Que dire ? Le « cher journal » me semble peu adapté à mon âge. Le plus simple est que je me présente, tout simplement. C’est étrange de se présenter alors que ce journal n’est pas fait pour être parcouru par un autre que moi. Cependant, dans le cas où il serait découvert très longtemps après ma mort par des historiens du futur, il vaut mieux que j’introduise l’objet d’étude de ces pages.

Je m’appelle Franck Leroy, j’ai quarante et un ans et je suis écrivain de profession.
Voilà, je crois, qui résume parfaitement ma vie : « je suis écrivain de profession » … C’est étrange mais juste. Je gagne ma vie en écrivant des romans historiques. Enfin, des romans historiques sentimentaux. Je sais, ce n’est pas très glorieux mais ce sont de bons romans, enfin, d’après mes lectrices. J’ai même obtenu un prix pour « La rose de Constantinople », c’est un titre hideux mais c’est mon éditrice qui les choisit. Ce n’était ni le prix Goncourt, ni le Renaudot mais c’est flatteur.
Je vous vois qui riez ! Vous savez, ce n’est pas facile d’écrire ce genre de roman. Il faut faire des recherches historiques minutieuses et je ne vous parle même pas des scènes d’amour.
Mon Dieu ! Qui suis-je en train d’essayer de leurrer ? J’écris des romans de gare, tout justes bons à être jetés après usage, des romans kleenex. Je suis peut-être un tâcheron de la littérature, mais je suis lucide.

Certains jours, je maudis l’impulsion subite que j’ai eu il y a quinze ans d’envoyer un roman chez des éditeurs. Si seulement j’avais essuyé un échec ! Je serais resté un amoureux des livres, qui écrit des nouvelles comme d’autres font de la mécanique le week-end. L’écriture serait restée ce plaisir simple, que l’on fait parfois partager à ses amis. Mais non ! J’ai voulu devenir un auteur reconnu, de ceux qui laissent leur empreinte sur leur époque et que l’on lit toujours cent ans après. Le problème est que je n’ai pas de talent. Oh, je sais écrire, mener correctement une histoire, mais je sais très bien qu’aucune de mes œuvres n’est digne de la postérité.

Je suis coincé. Je gagne correctement ma vie en écrivant des romans médiocres. Oh, je pourrais faire autre chose mais je garde l’espoir, même infime, de parvenir un jour à écrire Le Roman.



25 janvier

Je me demande ce qu’écrivent ceux qui tiennent leur journal tous les jours. Je n’ai rien de spécial à raconter. Rien de spécial, à part peut-être ce rêve que je fais toutes les nuits depuis trois ou quatre jours. C’est étrange, mais ce sont les mêmes personnages qui reviennent, dans des situations différentes à chaque fois. Il faut que j’essaye de les chasser de mon esprit, j’ai un roman à écrire !

30 Janvier

Mes rêves continuent, toutes les nuits. Je commence à m’habituer à retrouver Antoine, Hélène et les autres, me demandant avant de me coucher de quelle scène je vais être spectateur. L’histoire évolue chaque nuit, possédant une cohérence qui est habituellement étrangère au monde onirique. C’est la première fois que cela m’arrive. Mes rêves usuels sont décousus et souvent liés à des événements de ma vie quotidienne. Ceux-ci sont très particuliers et je me les rappelle avec une précision étonnante à mon réveil. Bien sûr, leur souvenir s’estompe dans la journée…

J’ai décidé de les noter soigneusement dès mon réveil. Le jour où je devrais faire une analyse, je pourrais toujours les ressortir !

3 février

Depuis que je mets par écrit le souvenir des mes aventures nocturnes, mes rêves se font de plus en plus longs et précis. C’est toute une histoire qui se construit, avec ses temps forts, ses personnages qui se découvrent au fur et à mesure... Cela ferait un récit formidable…
Je me demande… si je pourrais exploiter cette matière première. Après tout, ce sont mes rêves, c’est moi qui parle à travers eux, qui les compose, qui les invente. Ils sont à moi.
C’est décidé ! Je vais utiliser cette matière pour écrire un roman. Qui sait si cela n’est pas l’opportunité que j’attendais ! Ce sera peut être mon Roman.

8 février

Mon dieu ! Je n’ai jamais écrit comme cela ! Je ne bute pas sur une idée, sur une description. Il me suffit de penser à mes rêves pour que les idées cascadent, les dialogues fusent, les personnages se construisent. Je n’ai jamais ressenti une telle facilité, un tel plaisir à composer un roman. Tout se met en place si facilement !
Je n’en ai encore parlé à personne. Je ne veux pas que ce livre soit traité comme les autres, comme un bouquin qu’on lit et qu’on jette. Je veux être sûr qu’il soit bon avant de le présenter à mon éditrice. Je n’avais jamais été aussi anxieux pour aucun autre roman. Peut-être parce qu’aucun d’entre eux ne pouvaient m’apporter ce que je recherche.
Je me sens si vivant !

13 février

Je n’ai pas rêvé depuis trois jours. Les idées me fuient, les mots ne coulent plus, les personnages deviennent quelconques, sans intérêt. Mais pourquoi ?
Je n’ai rien changé à mes habitudes. Je me couche tôt mais je me retourne dans mon lit, cherchant désespérément le sommeil. Quand je m’endors, après des heures de ruminements, d’aller-retour à la cuisine et aux toilettes, je ne fais plus aucun rêve.
Plus de rêves, plus de roman. Je n’arrive même plus à avancer mes écrits « alimentaires ». Je m’assieds à mon bureau, je fixe la page quadrillée mais rien ne vient. Mon esprit dérive, s’attardant sur la couleur veloutée d’une violette ou sur les passants que j’aperçois de ma fenêtre.

16 février

Toujours rien. Je ne sais plus quoi faire. J’ai besoin de mes songes ! Je donnerais n’importe quoi pour qu’ils reviennent !
J’étais si près de réaliser enfin mon rêve, JE NE VEUX PAS échouer.

20 février

Ils sont de retour ! J’ai rêvé toute la nuit. Au réveil, tout était gravé dans ma mémoire, si frais, si réaliste, si coloré. Je me suis jeté, sans déjeuner et sans me laver, sur une feuille de papier et j’ai écrit, écrit …
J’y retourne !

22 février


Quelque chose a changé. C’est étrange, mais depuis qu’ils sont revenus, j’apparais dans mes rêves. Je suis là, à côté d’Antoine. Au début simple observateur, je prends part chaque nuit d’avantage à leur aventure. Je suis incapable d’expliquer ce phénomène. C’est étrange, mon rôle dans ces rêves ne m’a pas inspiré un nouveau personnage de mon roman. J’ai l’impression d’avoir moins de force, enfin, mon moi onirique, moins de caractère, moins d’intérêt dramatique que les autres créations de mon esprit.
Peu importe, le roman avance bien. Je vais bientôt pouvoir présenter les premiers chapitres.

24 février


Je rentre d’un déjeuner de travail avec mon éditrice. Elle a adoré le début que je lui ai confié et m’a confirmé qu’il s’agissait d’une œuvre beaucoup plus profonde que les précédentes.
Je le savais ! Je suis sur le bon chemin. Ma façon d’écrire a changé et j’ai l’impression d’être un nouvel homme ! D’ailleurs, pour la première fois, j’ai mangé ma viande saignante alors que je déteste ça.

26 février


Mon rôle dans les rêves prend de plus en plus de place, au détriment des autres personnages. Cependant, cela ne m’empêche pas d’écrire toujours autant. Je n’ai plus besoin que d’une petite allusion, d’une remarque pour construire un édifice solide.
Je continue d’évoluer. On dirait que ce roman révèle des traits de ma personnalité qui était bien dissimulés auparavant. Je me suis pris de passion pour une série télé, dont je ne rate plus aucun épisode. Comme Antoine, mon personnage principal d’ailleurs.

29 février


Quelque chose d’anormal s’est produit. J’ai perdu une heure aujourd’hui dont je n’ai aucun souvenir. J’étais chez moi, je réfléchissais à la fin que j’allais choisir quand tout d’un coup, je me suis retrouvé dehors, assis sur un banc, en train de contempler des enfants qui jouaient dans un bac à sable. Je ne me rappelle pas être sorti de chez moi. Mon « absence » semble avoir durer un bon moment. En interrogeant les mères de famille qui étaient présentes dans le parc, j’ai découvert que j’y étais arrivé vers 15 heures alors que j’ai repris conscience vers 16 heures. Pourquoi suis-je sorti de chez moi ? Et surtout, pourquoi n’en ai-je gardé aucun souvenir ?
Je dois être fatigué. Toute cette excitation, ce travail doivent être responsable de cette absence. Il faudrait peut-être que j’aille voir le médecin.
Non, il me dirait de me reposer, de cesser d’écrire alors que je suis sur le point de réussir. Ou alors, il me donnerait un calmant, un somnifère qui pourrait détruire ma faculté de rêver.
Je vais essayer de ralentir mon rythme et de m’octroyer des plages de détente.

3 mars


Cela s’est reproduit. Je me suis à nouveau retrouvé dans un endroit inconnu, un café, sans savoir comment j’y suis parvenu. Ma « fugue » a duré trois heures d’après les renseignements du barman. Il m’a dit que j’étais resté là, à discuter avec quelques habitués en buvant du café. Je semblais parfaitement normal et détendu. D’après lui, j’ai prétendu m’appeler Antoine, être antiquaire à Paris et marié. Le sang a quitté mon visage quand il m’a raconté cela : ce n’est pas moi qu’il décrivait mais le personnage de mon Roman !
Suis-je en train de me prendre pour lui ? Cela ne m’étais jamais arrivé auparavant.
Je ne sais pas quoi faire. J’ai peur de voir un médecin ou d’en parler à mes amis, ils vont me croire malade et m’empêcher d’écrire. Je terminerai ce livre, quoi qu’il m’en coûte.

6 mars

Les absences se multiplient et se prolongent. Je ne sais pas si c’est lié mais mes personnages ont quasiment disparu de mes songes nocturnes. Je ne rêve plus que de moi désormais. Je ne sais pas ce que je vais devenir. Je ne contrôle plus que quelques heures de ma journée, que je passe à écrire. J’ai l’impression de disparaître peu à peu, de me diluer, de me dissoudre dans mon histoire. Est-ce ma substance vitale qui alimente mon écriture ? Je l’ignore mais je suis tellement près du but ! Plus que quelques pages et ce qui sera peut-être ma dernière œuvre sera terminé. Je me sens incapable de retourner aux romans sentimentaux après cette expérience.
Dès que j’aurai écrit le mot fin, j’irai voir un médecin, je me le suis promis. J’arrêterai d’écrire si il le faut.
Plus que quelques pages. Une journée ou deux tout au plus.

7 mars

La situation empire, je n’ai été présent qu’une heure aujourd’hui. Je ne peux plus prétendre que tout va s’arranger. Ces événements sont trop graves, je finis d’écrire et je cours voir…


journal trouvé dans les archives de l’écrivain Antoine Royle. Ce journal semble dater de 2004, année de rédaction de son premier roman, « La Fugue », récompensé par le prix Goncourt…



Bonne lecture à tous :smile:

Merci à tous les participants :merci:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 00:40
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Un texte Hors concours, mais pas moins savoureux de Linou :smile:
N'hésitez pas à le commenter


Citation :
Anormale eguène

Elle sentait comme un frisson en tapant sur ce clavier blanc transparent et en manipulant sa souris optique où une petite pomme argentée lui faisait comme un clin d'oeil complice :wink:. Ses yeux parcouraient avec délectation son écran et ses fenêtres décorées de superbes petits ascenseurs bleus aqua, couleur officielle dont était pourvu Jaguar, le dernier système OSX d'Apple :top:

Linou regarda l'heure "11h35, j'ai le temps d'aller faire un petit tour sur Edforum", et tandis qu'elle ouvrait Internet Explorer version 5.2.3 pour Mac, elle admira l'utilité du dock qui remplaçait avantageusement l'ancien lanceur dont étaient dotés les Macs sous système OS9.
Edforum ce jour là était bondé, pas moins de 23 utilisateurs, dont 14 enregistrés et 4 invisibles, "Vamp, N'ava ou Meryl" pensa-t'elle en souriant :)

Tandis qu'elle allait consulter les nouveaux messages depuis sa dernière visite qui devait remonter à cinq minutes plus tôt :D, l'écran se figea, plus rien ne répondait. Linou tenta de cliquer désespérément, de forcer à quitter le logiciel, sachant qu'en utilisant cette solution, elle risquait de perdre tous ses nouveaux messages :boude: mais rien n'y faisait, l'écran demeurait figé :(
Elle tenta alors d'éteindre son ordinateur, solution ultime face à un grave plantage, solution à laquelle Linou n'avait eu recours qu'une seule fois, tant ce nouveau système Apple était stable. Mais l'écran resta allumé :confused:
Une fenêtre apparut, une fenêtre très différente de celles qu'elle connaissait, une fenêtre grise, triste, qui lui faisait penser aux toutes premières fenêtres des macs, mais le message qui était inscrit était beaucoup plus inquiétant : "Windows a constaté une erreur fatale, réinstallez votre système"
"- Hein, quoi? :shock:"
Windows? quesaco? erreur fatale? :eek: système?

Jamais il n'y avait eu besoin de réinstaller le système sous OSX, jamais Linou n'avait constaté un plantage, des fermetures inopinées isolées sur des logiciels en beta, oui, mais c'était la faute des développeurs de ces mêmes logiciels, pas de son mac :langue:
Tandis qu'elle réflechissait, la fenêtre d'Edforum réapparut comme par enchantement :tourni: ce fut au tour de Linou d'être figée devant son écran :crazy:
"- j'ai dû rêver, pensa-t'elle, après tout, je me suis réveillée très tôt ce matin, j'ai dû m'endormir quelques secondes sans m'en rendre compte".
Elle cliqua alors de nouveau sur "nouveaux messages depuis votre dernière visite", le lien fonctionnait :relief:
Puis l'écran se mit à clignoter, et les yeux de Linou clignotèrent à la même vitesse :confused: "qu'est-ce qui se passe encore" et l'écran s'éteignit :confused: puis l'ordinateur redémarra tout seul.
"- Mais??? à quoi j'ai touché moi? j'ai juste cliqué sur un lien? :confused:"
L'écran s'alluma de nouveau, mais au lieu de voir sa petite pomme bien aimée apparaître au centre de son moniteur 15 pouces LCD, il y avait une sorte de drapeau multicolore :ko: et une inscription inconnue "Windows NT, le meilleur système du monde" :ko: :ko:

Linou se serait volontiers tapé la tête contre les murs si elle avait eu un mur entre les mains :wall: "Qué pasa now?"
L'écran d'accueil disparut pour laisser place à son bureau, mais au lieu d'être à droite, il était à gauche, au lieu de son dock en bas, il y avait un menu "démarrer" :confused: au lieu de son disque dur à son prénom, il y avait un "espace de travail", au lieu de la roue multicolore qui apparaissait lorsque l'ordinateur n'était pas prêt, il y avait un sablier...
Et au lieu du son classique de démarrage, un rire démoniaque estampillé Bill Gates retentit et résonna dans les oreilles de la pauvre Linou désemparée.

"Au secours! :help: mon Mac est possédé par Bill Gates :peur:"


Elle se saisit de son téléphone,
"- Areste Informatique bonjour!"
"- Bonjour, pouvez-vous m'envoyer des prêtres exorcistes spécialisés dans la possession d'ordinateur? c'est très urgent!!"
"- Pardon?"
Linou tenta d'expliquer son problème, la personne qui était au bout du fil finit par lui demander :
"- Bien, ma p'tite dame, je vois ce que c'est. Vous avez déjà entendu parler des hommes blancs?
"- C'est la tenue officielle des exorcistes d'ordinateurs?"
"- Oui, on peut dire ça comme ça. Je vous les envoie tout de suite".
"- Merci, merci, je les attends"...

Tandis que Linou attendait les exorcistes, elle constata avec horreur que la petite pomme argentée de son unité centrale avait disparu pour faire place au logo Windows :ko: "Bill, sors de là!!!" hurla t'elle "Ça ne te suffit pas de monopoliser 80% du marché? il faut en plus que tu viennes tenter de soudoyer les Apple addicts par des méthodes aussi surnaturelles que malhonnêtes :grr:" pour toute réponse, un rire lugubre retentit de nouveau et le logo de Windows se mit à clignoter sur l'écran.
"Tu sais quoi?" hurla Linou de nouveau "tu es affreux :mad: rends moi ma pomme, ou je te fais un procès pour vol de pommes à l'étalage :langue: "
Une voix lugubre lui répondit "Je dévore toutes les pommes :evil: Windows Powaaaaa".
Linou sentit comme une nausée l'envahir :ko:
"Bill, sors de mon mac tout de suite, je ne t'ai pas invité, espèce de vampire, suceur de systèmes, vendeur de bugs, dévoreur de pommes et de pingouins, va répandre ta semence windozienne ailleurs, j'en veux pas de ton truc moi, je t'exoooooorciiiiiiiise, vade retro Billas Gatas, windowzas outsidas, dehors!"


Une sonnerie retentit :relief: Linou se précipita à la rencontre de ses sauveurs, à l'instant même où elle ouvrit la porte, une camisole de force lui tomba dessus et elle fut saisie pour être jetée dans une drôle de camionnette blanche où l'intérieur était capitonné, aucune fenêtre, aucune issue.
Elle hurla "sortez-moi de là! suis pas folle, c'est la faute de Bill Gates, il est partout, il va nous envahir, il va contrôler le monde :peur: Au secours!!"
Ses paroles n'eurent aucune réponse, aucun écho, elles s'évanouirent tandis que la camionnette s'éloignait sur la route....


*Dans l'appartement de Linou, sur l'ordinateur, une fenêtre s'ouvre avec des signatures connues* :
Vamp, Meryl, N'ava, Rowan, Arka, Pouss', Darky, Dara, Tawi, Will, Drith, MÅnºn, DoLy, Green, Lill', Ambre, Lornette, Mimine, Ambre, B.a, Roguy, San-drine, Elinia, Alias Boy, Aède, bulle, Nelly, Bibi, Aima, Arallu, Loïc, Ludo, Alf, Samael, Alt, Ziza, Rupert, Akkeza, Bohort, Loa, Lizzie, Yuna, Sweety, Splash, Agnès, et un message au centre de ces signatures :

Happy Poisson d'Avril Linou!!!

:bisou: à Lill qui m'a donné involontairement cette idée en prétendant que mon Mac était possédé :wink:

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MessagePosté le: 24 Fév 2004 05:04
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:lol: :lol: :lol: :lol: :lol: :lol:

:clap: :clap: :clap: Linou!!!
Lé fantabuleux ce texte!! :-D

Et pi d'abord moi aussi j'aime les Macs d'abord... j'en avais au labo de la fac... ils me manquent! :cry: Mais chut le dis pas ici hein!
Et pi je l'aime mon PC ... au moins m'a pas coûté bcp de sous ... :irony:


Et pour les autres, j'ai tout lu d'un coup et il faut que je reprenne chaque texte un par un sérieusement... :smile:
Bien que là, à chaud, j'ai déjà mes préférences. :-D

En tout cas, chaque idée vaut le détour (même si j'ai décider d'ôpter définitivement pour une tente igloo en camping :blueturn: :aw: )

Alors donc un grand :clap: à tous les auteurs :D (qui ont eu plus d'imagination ou de courage que moi et déjà je salue l'effort :wink: )
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 06:54
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:lol: :lol: Trop comique ton texte Linounichou ! :bisou: Windows Powaaaaa :cool:

... et :lol: la caravane possédée, me demande qui a écrit ça tiens :rolleyes: :evil:

Je n'ai pas lu le reste encore, j'ai été attirée par la bariole jaune fluo d'AiMa :evil:

EDIT: Réminiscences: Chouette, j'ai bien aimé la chute, je commençais à douter de l'apparition d'un élément surnaturel dans cette histoire. C'est le cauchemar de tous :lol: Se réveiller presque amnésique... la vengeance, toujours un sentiment que j'aime voir abordé dans une histoire... J'aime bien. :D

Les Cris: Dès le début j'ai deviné la suite :?... Néanmoins c'est bien écrit quand même, un peu trop détaillé à mon goût, mais ça illustre bien la lucidité malsaine du personnage principal je trouve. Pas mal du tout, mais j'aime pô les notes d'auteuuuuur, pourquoi les gens se sentent obligés de se justifier comme ça?

La Trahison du Vrai: Ooooh :eyeslove:... Tout à fait le genre de texte qui me donne des complexes d'écriture :lol: C'est un texte lourd, écrit de façon poétique, presque trop même, qui ne plaira pas à tout le monde tellement il faut savoir apprécier le style.... Ce n'est pas tant l'histoire qui m'épate, plutôt la beauté des mots. Mais il se démarque de par son originalité banale je dirais (bin vi :evil:), et par son écriture très coulante. J'adore, bravo à l'auteur(e). ;)

La Fugue: Ah ça me rappelle quelque chose ;)... J'ai bien aimé, l'idée dont le sujet est abordé dans ce texte, la place que l'auteur laisse à l'imaginaire à la fin... Dommage je voudrais m'étendre mais je veux pas spoiler ceux qui lisent les commentaires avant de lire les textes. :D Pas mal pas mal. ;)

... c'est tout? :aw2:... Bin dis donc, je vais être obligée de commenter le dernier alors... :evil:

La Nostalgie du Bonheur : En apparence un texte plutôt comique dans le sens où l'idée principale provient d'une idée ridicule. :evil:... Bien écrit, j'ai noté quelques redondances au niveau du vocabulaire à certains endroits, mais rien de bien grave. Complètement tordu, non mais quand même :evil: Très détaillé aussi hein... Chapeau à l'auteur qui a osé :evil:

J'hésite, j'hésite... Je suis toujours attirée vers le "tordu morbide" :evil:... en revanche, y'a "La Trahison du Vrai" qui m'attire pour son écriture... Dilemne, dilemne... :evil: Je vais y penser, mais une chose est certaine, j'ai aucune, mais vraiment aucune idée de quelle histoire classer en troisième place.... :gni:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 08:55
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AiMaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !
t'as pas fait de pdf !! :-x comment je fais moi maintenant !

bon, vais faire du copier coller dans word alors ! :ko:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 11:07
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je ne suis pas chez moi :-/
je ne peux pas faire de pdf ..désolée :oops:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 11:46
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:clap: :clap: linou ! :lol: :lol:
J'ai commencé par le hors concours, me tarde de lire les autres :crazy:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 13:11
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Tout d'abord, sympa ton texte Linou, le Mac possédé!!! :D

Eh bien, félicitations aux auteurs!!
(Comme Vamp je ne veux pas trop en dire pour ceux qui lisent les commentaires en premier!!)

1. J'ai bien aimé l'idée de l'amnésie et de la vengeance.
2. J'avais également deviné la chute, mais l'idée des jumelles est bonne.
3. Heu, je l'ai trouvé comique ce texte, mais c'est vrai qu'l fallait oser!!
4. Très bien écrit, superbe style qui colle parfaitement avec l'époque choisie pour situer l'action. J'ai adoré la fin.
5. Sympa l'idée du journal et le mélange rêve/réalité.

En bref, ça va encore pas être facile de départager... :gni:

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MessagePosté le: 24 Fév 2004 13:58
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Bulle :shock: tu as aussi les mêmes goûts que moi en informatique :shock:
Bon il n'y a que sur la continuité du couple Angel/Bubu qu'on n'est pas d'accord :D

Je suis contente que mon p'tit délire vous ait plu :D

J'ai chargé les textes sur mon p'tit palm et je les lirai à tête reposée :)
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 14:42
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'commence à regretter les thèmes plus légers, càd les thèmes où il n'y aurait pas forcément des meurtres, du malsain, de la perversion et autres trucs gluants... :rolleyes:
Quelle bouffée d'air le texte de Linou ! :smile:

...une parodie comme prochain thème, ouaich !!! Certains auteurs nous donneraient enfin l'occasion de les lire ( voire de les relire ! :wink: )

Voilà, mon post constructif du jour. :evil:
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 15:15
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Alors...

Réminicences : Pas mal, j'aime bien !
Les cris : J'aime beaucoup ! Mais certains passages sont lourds à cause de répétitions je trouve, c'est dommage...
La nostalgie du bonheur : Hum, bah vala quoi... Un peu burk et bof quoi :_/: (mais ça m'a pas choquée plus que ça, arrêtez de croire que je suis une petite sainte dans ma tête :langue: )
La trahison du vrai : Mon préféré ! J'aime beaucoup !
La fugue : Génial aussi !

Anormale eguène : Trop :lol: :lol: :top: Linou !

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bonemine63 Sexe : Féminin
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 20:39
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Bon tout est imprimé :relief: . Il ya une date limite pour les avis???
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Merci Darky... " Be yourself, no matter what they say..."-"Englishman in New-York" -Sting
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AiMa Sexe : Féminin
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MessagePosté le: 24 Fév 2004 20:56
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Pour la date limite, je vous propose le 10 mars :smile:
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:o la physique, c'est poétique :o
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 00:04
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Bravo à tous :clap:
Le thème est traité sous plein d'aspects différents, c'est super :smile:
Bravo aussi a Linou :lol: :lol: :lol: :top:
Va falloir que je relise tout ca pour me faire vraiment une idée ;)
PS: le 10 c'est impec AiMa :bisou:
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 02:41
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chapeau Linou ! :lol: ton texte est vraiment :gni: j'ai bien apprécié. :top:

Ensuite j'ai lu "la nostalgie du bonheur" ! Pareil que Vamp, c'est l'avertissement qui m'a attiré le regard :evil: Eh, beh ! je me demande qui a bien pu pondre un truc pareil :-x, j'ai une vague idée !!!! :evil: ce n'est pas bien, pas bien ! :o :lol:

Je lirai les autres textes plus tard.
Très bien pour le 10 mars, comme ça j'ai bien le temps de lire et relire pour me forger une opinion.
Et bravo à tous les auteurs, 6 textes c'est un bon nombre.
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 09:49
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Mici tout le monde :oops:

J'ai lu le premier texte hier soir :)

Donc mon avis sur Reminiscences : Bien écrit, on se demande tout le long si l'homme dont il est question est victime d'une injustice ou pas, puis avec la mémoire qui lui revient progressivement d'une façon bizarre :gni: on voit progressivement l'élément surnaturel qui s'impose, la façon dont il décrit le meurtre qui ne se termine pas comme le dit le policier est vraiment suspensique (vivi je sais j'invente des mots :cool: ), ensuite, le fait qu'il dise que ce n'est pas la femme qu'il a tuée dont il est fait mention sur le dossier, là on veut savoir la suiiiiiiitttte :crazy: Et puis la chute qui enfin nous révèle ce dont il est question, une possession surnaturelle.

En bref, j'ai beaucoup aimé, bravo à l'auteur :clap: :clap:

La suite.... plus tard :)
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Nell Sexe : Féminin
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 10:09
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Aède a écrit :
Ensuite j'ai lu "la nostalgie du bonheur" !.... Eh, beh ! je me demande qui a bien pu pondre un truc pareil , j'ai une vague idée !!!! ce n'est pas bien, pas bien !

:rolleyes: Mister Aède ou l'art de bien se payer la tête des gens... et je suis restée polie ! :grr:
Je ne sais pas pourquoi mais ce concours depuis deux jours me fout en pétard...contre l'écriture! :evil:
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Nell Sexe : Féminin
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 11:09
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Bon, je sais que je double post...Mais ce post-ci sera un peu plus constructif...du moins, je l'espère.

Pour juger de textes, c'est clair qu'il faut les évaluer selon plusieurs critères outre que ses affinités propres.
Ces critères se regroupent sous les deux grands ensembles que sont le fond et la forme.
En ce qui concerne la forme ( l'écriture à proprement parlée, le style...), je crois que la plupart de ceux qui ont écrit ici, dont je fais partie ( je ne vais pas le cacher plus longtemps :-/ ), n'ont pas de problème particulier. Chacun a son style qu'il manie avec plus ou moins d'élégance c'est vrai, mais chacun ici a un style agréable, non rebutant...Et, aller vers l'un ou l'autre de ces styles peut être une question d'affinités d'écriture... Ca c'est mon opinion.

Donc, du coup, ce n'est pas ce critère qui prévaut dans mon appréciation d'un texte, mais bien le fond... et comment ces composantes sont agencées dans l'histoire.
Et là, je dois dire qu'il y a réellement matière, que je peux alors pleinement faire un classement entre ces textes.

C'est pourquoi je trouve qu'il n'y a qu'un seul de ces textes qui se détache du lot : c'est la fugue. Ce texte se détache d'une part par son idée vraiment originale. De plus, je suis vraiment entrée dans la peau de ce personnage jusqu'à en être expulsée de force au mot fin.
Et c'est pourquoi je râle depuis deux jours :evil: , il est vraiment le seul qui ne soit pas tombé dans cette facilité du sensationel ( meurtres, horreur, perversion, trucs gluants etc.) qu'utilisent plus ou moins fortement les autres textes.
Je trouve que pour ce concours, on aurait pu se débrouiller sans ces procédés. Le challenge aurait même été sublime de traiter de la possession relativement surnaturelle, sans vouloir dégoûter ou effrayer. C'est une vision étriquée des choses peut-être ?!!!...
Bref, je dis bravo à l'auteur de la fugue.
J'aurais en revanche des choses à lui redire sur le contenu, mais là je préfère attendre le 10 Mars. :)
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linou Sexe : Féminin
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MessagePosté le: 25 Fév 2004 11:48
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Bah Nelly, pourquoi tu es en colère? :confused:
Je sens les nerfs à vif derrière ces 2 posts, enfin j'exagère, disons que je ressens un agacement :hmm:
Vous allez dire que je reviens encore aux signs, mais c'est aussi la même chose, plus que le style graphique, on juge les idées et l'originalité, c'est difficile de faire autrement.

Tu m'as donné envie de lire la fugue avec tes commentaires :wink: mais je les ferai un par un et dans l'ordre, sinon je serais bien capable d'en oublier :gni:
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